Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov

Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov

Un passage de ma dernière lecture en date.. - Eh bien, j’espère que maintenant, vous vous rappelez mon nom ? Mais...


Un passage de ma dernière lecture en date..

- Eh bien, j’espère que maintenant, vous vous rappelez mon nom ?
Mais Stepan ne put que faire un geste d'impuissance tout en souriant d'un air confus.
- Sapristi ! Et je sens qu'après la vodka, hier, vous avez but du porto. Voyons, voyons, peut-on faire une chose pareille ?
- Je voudrais vous demander... que tout cela reste entre nous, n'est-ce pas ? Dit Stepan d'un ton obséquieux.
- Mais naturellement, naturellement. Par contre, cela va de soi, je ne puis répondre de Khoustov.
- Comment ! Vous connaissez Khoustov ?
- Hier, dans votre cabinet, je n'ai fait qu'entrevoir cet individu mais un seul coup d’œil à sa figure m'a suffi pour me rendre compte que c'était un salaud, un intrigant, un opportuniste et un lèche-bottes.
"Absolument exact !" pensa Stepan, frappa par la vérité, la brièveté et la précision de ce portrait de Khoustov.
Oui, la journée d'hier se recollait par morceaux, mais le directeur des Variétés demeurait très inquiet. En effet, dans cette fameuses journée, un énorme troue noir restait béant.
- Woland*, professeur de magie noire, dit le visiteur avec autorité en voyant l'embarras de Stepan, et il raconta tout depuis le début.

* Il s'agit d'ne des anciennes désignations du diable en territoire germanique attestée dans certaines variantes anciennes de la légende de Faut et citée une fois par Goethe. Boulgakov l'aurait choisi car ce nom est dépourvu, pour la plupart des lecteurs, de toutes espèces de connotations.

Pour un peu plus de détail : Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, " Le Maître et Marguerite " a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques. Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites.

Le Maître et Marguerite par Mikhaïl Boulgakov entre 1928 et 1940, traduit du russe en 1968, éditions Robert Laffont.

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